Observer les Poupées Russes pour renforcer leurs SoftSkills

Nous parlons souvent des émotions comme de petites vagues qu’il faut apprendre à traverser. Mais saviez-vous qu’il existe aussi des “méta-émotions” ?

Ce sont les émotions que l’on ressent par rapport à nos propres émotions.

Exemple : se sentir coupable d’être triste, ou honteux d’être en colère.
Ces jugements intérieurs compliquent la régulation émotionnelle et, s’ils s’installent, peuvent affaiblir l’estime de soi.

Bonne nouvelle : en aidant nos enfants à mieux comprendre et accepter leurs émotions, nous renforçons leurs soft skillsces compétences psychosociales essentielles qui les accompagnent à l’école comme dans la vie.

Quand la métaémotion amplifie l’émotion

Une étude (Mitmansgruber et al., 2009) a montré que les personnes qui jugent négativement leurs émotions souffrent davantage de stress et de mal-être.


Chez les enfants, cela se traduit souvent par :

  • un blocage (“je ne dois pas pleurer”, “je ne dois pas avoir peur”),

  • un repli (“je préfère me taire plutôt que de dire que je suis triste”),

  • ou des réactions disproportionnées (explosions de colère, crises).

Message clé à retenir : ce n’est pas l’émotion en elle-même qui pose problème, mais le jugement qu’on lui ajoute.

Le rôle des mots : élargir le vocabulaire émotionnel

Un vocabulaire limité enferme l’enfant dans des ressentis flous (« ça va », « je suis énervé »). En élargissant le lexique des émotions et des métaémotions, on ouvre la possibilité de :

  • distinguer colère, frustration, agacement, injustice,

  • différencier peur, inquiétude, stress, appréhension,

  • mettre à jour des ressentis subtils comme la fierté ou la sérénité.

Nommer, c’est déjà apprivoiser.

Et apprivoiser, c’est commencer à réguler.

L’importance d’un apprentissage sans jugement

Accepter chaque émotion, sans honte ni autocritique, permet d’éviter ce phénomène. C’est ici que les compétences psychosociales (CPS) prennent tout leur sens :

  • Conscience de soi : reconnaître ce que je ressens, sans le juger.

  • Conscience sociale : comprendre que les autres vivent aussi des émotions et des métaémotions.

  • Régulation émotionnelle : accueillir, mettre en mots, puis trouver des réponses adaptées.

Apprendre aux enfants et adolescents que toute émotion est légitime et passagère, c’est leur donner une base solide pour développer une bonne estime d’eux-mêmes.

Des outils simples à la maison

1. Le carnet de gratitude émotionnelle

Chaque soir, proposez à votre enfant d’écrire ou dessiner 3 moments positifs de sa journée, même tout petits (avoir ri avec un copain, avoir réussi un dessin, avoir joué avec le chat).
Cet exercice renforce la conscience des émotions agréables et diminue la tendance à se focaliser sur le négatif.

2. Le rituel de la “poupée russe”

Expliquez à l’enfant : “Ton émotion de base, c’est la première poupée. Si tu ajoutes un jugement, comme la honte ou la culpabilité, c’est une autre poupée par-dessus. Plus tu en ajoutes, plus c’est lourd à porter.”
L’objectif est de l’aider à reconnaître la première émotion sans en ajouter une seconde.

3. Des variantes selon l’âge

Primaire : utiliser des cartes émotions illustrées (dessins, smileys).

Collège : tenir un journal intime des émotions, 3 phrases chaque soir.

Lycée : pratiquer une minute de respiration consciente après avoir identifié une émotion difficile.

Vous vous sentez parfois démuni ? C’est normal. La tentation est grande de dire : “Ce n’est rien, ne pleure pas”. Mais ces phrases renforcent le jugement négatif.
Essayez plutôt :

  • “Je vois que tu es triste, c’est normal, ça arrive à tout le monde.”

  • “Ta colère te dit que quelque chose n’est pas juste pour toi. Parlons-en.”

Ces phrases valident l’émotion et ouvrent la porte à une régulation naturelle.

Abonnez-vous

Abonnez-vous à notre newsletter pour rester informé-e