Les Parents, Grands Créateurs de ce Rituel Social: Les Devoirs

En 2008, un rapport de l’Inspection générale de l’Éducation soulignait que les enseignants donnent des devoirs écrits non seulement pour consolider les apprentissages, mais aussi pour répondre aux attentes des parents. Les familles considèrent souvent les devoirs comme un gage de sérieux, une continuité entre l’école et la maison, une preuve que « l’école fait son travail ».

Les devoirs ne sont donc pas seulement une pratique pédagogique :

ils sont aussi un rituel social qui relie l’école aux familles.

Reste à savoir comment dépasser cette fonction symbolique pour redonner aux devoirs leur juste valeur éducative et relationnelle ?

Si ce rituel rassure de nombreux parents, il génère aussi son lot de tensions au sein des familles. Car entre la vision de l’adulte, qui y voit une continuité logique avec l’école, et l’expérience de l’enfant, qui les vit après une journée déjà bien remplie, la perception diffère.

Les devoirs peuvent être porteurs de fierté et de motivation lorsqu’ils sont clairs, courts et adaptés.

Mais ils deviennent source de découragement et de conflits lorsqu’ils paraissent interminables ou déconnectés des apprentissages.

Ce que ressentent réellement les enfants

Derrière chaque agenda ouvert se cache un univers d’émotions :

  • La fierté de réussir seul une opération et de courir le montrer.

  • Le sourire discret face à un compliment : « Tu t’es bien débrouillé ».

  • Mais aussi la boule au ventre en cherchant un cahier oublié dans le cartable.

  • Les larmes silencieuses quand les chiffres se mélangent et que rien ne fait sens.

Ces ressentis, souvent invisibles aux yeux des adultes, conditionnent pourtant la motivation et la confiance de l’enfant. Le devoir devient alors bien plus qu’un exercice : il est un miroir de ses forces, de ses fragilités et du climat éducatif dans lequel il évolue.

Quand les tensions s’invitent à la maison

Beaucoup de parents connaissent ces scènes du quotidien : un enfant qui traîne des pieds, un parent qui presse, une consigne incomprise qui dégénère en dispute. Ce qui devrait être un temps d’apprentissage devient alors un moment de crispation. Cette ambivalence révèle l’enjeu : les devoirs ne peuvent être bénéfiques que si l’école, l’enfant et la famille avancent dans le même sens.

Les conditions d’efficacité des devoirs

Les recherches et l’expérience convergent : l’efficacité des devoirs ne dépend pas de leur quantité, mais de leur qualité.

Trois conditions essentielles se dégagent :

  • Pour l’enfant : des consignes simples, un travail concis, des objectifs atteignables, pour nourrir le sentiment de compétence.

  • Pour les parents : un rôle de soutien et non d’enseignant bis, créer un cadre calme, offrir une présence encourageante.

  • Pour l’école : proposer des devoirs reliés aux apprentissages de la classe, adaptés à l’âge, porteurs de sens.

Quand ces trois dimensions se rejoignent, les devoirs cessent d’être un poids et deviennent un espace de coopération et d’autonomie.

Une perspective internationale : la leçon de la folkeskole

Ces réflexions trouvent un écho dans les pratiques éducatives d’autres pays.

Au Danemark, la folkeskole est reconnue, notamment par les enquêtes PISA (2003), comme l’un des systèmes les plus performants pour développer le désir d’apprendre, la coopération et la confiance en soi.

Les études du ministère danois de l’Éducation montrent que les parents valorisent avant tout cinq aptitudes : le goût d’apprendre, la lecture et l’écriture, les aptitudes sociales, la confiance dans son potentiel et la capacité à prendre des décisions.

Ils souhaitent certes de bons résultats académiques et un enseignement personnalisé, mais jamais au détriment du bien-être et de la sérénité à l’école.

Cet équilibre, encore rare en France, interroge notre manière de concevoir les devoirs : sont-ils là pour transmettre des savoirs… ou pour cultiver des compétences plus durables, celles qui préparent l’avenir de nos enfants ?

Les devoirs n’ont de sens que s’ils allient clarté, régularité et bienveillance. C’est dans cette alliance subtile entre école, parents et enfants qu’ils cessent d’être un champ de bataille pour redevenir un véritable outil d’apprentissage.

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